Février 2009 : 4 ans après…

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Ce que chacun pressentait ne fait hélas aujourd’hui plus aucun doute : les grandes promesses de février 2009 se sont révélées être des fantasmes irréalistes. Quatre ans après, notre situation collective s'est considéblement détériorée. Les chiffres de l’économie martiniquaise présentés par les organismes officiels sont sans appel : la Martinique vit la plus grave récession de son histoire depuis la seconde guerre mondiale !

Les blocages de février 2009 ont accéléré et amplifié les effets de la crise occidentale qui avait commencé à se faire sentir fin 2008. Pour la première fois, l’économie martiniquaise subissait un coup d’arrêt beaucoup plus brutal que celui qui affectait l’économie de la France hexagonale. Notre PIB qui était d’environ 8 milliards d’euros en 2008 a reculé en 2009 de 6,5% : plus que la France Hexagonale, beaucoup plus que la Guyane (-4%), et même plus que la Guadeloupe (-6,1%). Quatre ans après notre PIB est toujours en dessous de son niveau de 2008. Certains analystes chiffrent le coût de ces blocages : 350 millions d’euros pour la seule année 2009. Près d'un milliard d'euros sur les quatre dernières années. Un coût faramineux pour notre économie ! Un coût d'autant plus difficile à combler que la confiance s'en est allée avec les projets et les euros… 

Quelles étaient les promesses faites par février 2009 ?

  • La baisse des prix :

Nous constatons la fermeture des magasins et donc la réduction du nombre des opérateurs. Or chacun sait qu’une diminution du nombre d’acteurs sur un marché signifie moins de concurrence et donc des prix plus élevés. Les prix baissent quand on favorise l’entrée sur le marché de nouveaux intervenants et non pas quand on les en chasse !

De plus, une récente étude de l’INSEE montre un écart de seulement 9,7% entre un panier de référence métropolitain, et un panier de référence martiniquais. Nous sommes très loin des écarts de 50 à 70% martelés alors en boucle sur les médias. Quatre ans après, c'est par une loi – la loi Lurel – que certains prix de produits de première nécessité se trouvent encadrés, dans l'espoir de baisser le coût de la vie. L'avenir nous dira si les effets de cette loi sont positifs…

  • Plus de pouvoir d’achat :

Nous avons eu droit à une augmentation rapide du chômage et de la précarité : plus de 12 000 emplois ont été détruits ! Ce qui veut dire concrètement que nous sommes revenus 20 ans en arrière : tous les progrès qui avaient été faits dans ce domaine entre 2002 et 2008 ont été ainsi effacés ! Le pouvoir d’achat augmente quand on crée de la richesse, en exportant, en créant des services, en attirant des investisseurs, en favorisant la venue des touristes et non en menant des actions destructrices pour obtenir des « avantages » qui tôt ou tard se retrouveront dans les prix de vente et donc diminueront notre pouvoir d’achat.

  • Un avenir meilleur :

On a récolté la perte de confiance et la précarité pour une grande partie de notre population et ceci vraisemblablement pour plusieurs années. Qu’en est-il des milliers de martiniquais qui ont basculé dans le chômage, des milliers de chefs d’entreprises qui ont vu l’œuvre de leur vie, leur entreprise, liquidée ? Qu’en est-il des milliers de martiniquais diplômés et compétents contraints à l’exil ? Des milliers de jeunes qui ne trouveront pas d’emploi dans cette économie sinistrée ? Des collectivités territoriales dont les moyens financiers qui dépendent en grande partie des performances des entreprises sont drastiquement réduits ? Du tissu associatif, sportif ou culturel, qui accueille notre jeunesse, durablement fragilisé par le désengagement des entreprises qui parent au plus pressé (conserver les emplois) et réduisent la voilure quand il s’agit de sponsoring et ou de mécénat ? 

La vérité est évidente : le blocage de février 2009, imposé pour notre bien, a provoqué en fait un désastre collectif dont nous payons encore le prix.

Espérons que chacun saura s’en souvenir et que cette leçon d’économie particulièrement traumatisante pour nos concitoyens sera comprise une fois pour toutes et par tous. Il est impératif désormais que tous ensemble nous puissions nous atteler à une tâche prioritaire : rétablir la confiance en évitant toute dérive susceptible d’aggraver une situation déjà suffisamment difficile. Cette confiance reviendra en poursuivant le dialogue de vérité engagé entre tous les acteurs de la Martinique, et en démystifiant l'entreprise aux yeux des opinions publiques. Ce à quoi se sont engagés les membres de l'association Contact-Entreprises…

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