Communiqué des producteurs de bananes : "nos efforts ne sont par reconnus à leur juste valeur"

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Apres la décision du Tribunal administratif de Basse-Terre du 5 Juillet 2013, le Tribunal Administratif de Fort-de France a prononcé le mercredi 28 août 2013 la suspension de l’épandage aérien des fongicides indispensable à la lutte contre les Cercosporioses noire et jaune du bananier.

Ces deux décisions, identiques dans leur sens mais très différentes dans leur motivation, auront des conséquences à la fois immédiates et à plus long terme sur nos exploitations et sur l’avenir de la filière banane dans nos régions de Guadeloupe et Martinique.

Les conséquences négatives au plan économique et social sont encore difficiles à évaluer, surtout au regard des conditions climatiques qui sont actuellement favorables à la propagation des champignons.

En effet, le risque de dégradation de la qualité des bananes exportées, dû à l’arrêt d’une technique de traitement permettant une gestion intégrée et centralisée de la lutte contre ces pathologies, est de nature à fragiliser considérablement notre place sur les marchés français et européens avec des répercussions financières pour les producteurs. Par cette décision très peu explicite quant aux motifs retenus, les producteurs de Guadeloupe et de Martinique se voient privés de la technique la plus efficace, harmonisée et contrôlée pour le traitement de la Cercosporiose noire, maladie classée par les experts de la FAO comme l’un des 10 fléaux pouvant menacer la sécurité alimentaire mondiale et la santé publique.

Nous rappelons qu’aucune autre technique terrestre n’est à ce jour suffisante en elle-même pour endiguer la propagation fulgurante de cette maladie et qu’à cet égard, le traitement par la voie aérienne reste à ce jour le seul outil efficace et permettant la mise en œuvre d’un strict contrôle des autorités étatiques sur les conditions de déroulement des opérations d’épandage. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est utilisée partout dans le monde. Même les pays producteurs de banane bio font régulièrement appel à cette technique de lutte qui met en œuvre des moyens technologiques perfectionnés, permettant un dosage très précis des produits utilisés, de limiter leur dérive et de réduire le nombre de traitement des parcelles infectées.

Nous rappelons que l’ensemble des produits utilisés font l’objet d’une homologation et qu’ils sont parfaitement autorisés par les autorités françaises et européenne compétentes pour leur utilisation tant par voie terrestre que par voie aérienne, et que leur utilisation est réalisée en parfaite conformité avec la législation.

La filière de Guadeloupe et Martinique déploie de nombreux moyens dans le domaine de la traçabilité de chaque opération de traitement et dans la recherche active de techniques de traitement terrestre alternatives et viables, en coopération avec les organismes de recherches nationaux (CIRAD, IRSTEA…) et internationaux (Embrapa au Brésil, INISAV à Cuba…), qui mènent des recherches depuis plusieurs années, et dont les études sont actuellement toujours en cours.

Ainsi, le Plan Banane Durable mis en application depuis 2008 par notre filière a fait de notre production la plus propre du monde, un tel effort n’est donc pas reconnu à sa juste valeur. Notre filière est également à l’initiative d’une collaboration exemplaire dans le cadre du plan INTEREG Banane durable caraïbe visant à la mise en place d’une stratégie régionale pour le contrôle de la maladie. Certaines îles de la Caraïbe comme Sainte-Lucie voient leur production menacée de disparition après l’apparition en 2009 de la Cercoporiose noire, avec toutes les conséquences socio-économiques induites.

D’autre part, le processus judiciaire est loin d’être terminé. Les Tribunaux Administratifs de Fort de France et de Basse Terre n’ont pas encore rendu leurs décisions sur la légalité des arrêtés préfectoraux rendus, ayant seulement suspendu leurs effets jusqu’à ce que cette décision sur le fond intervienne. La décision du Tribunal administratif de Basse Terre du 5 juillet 2013 a déjà fait l’objet d’un recours en cassation par le Ministre de l’Agriculture.

Les producteurs de Guadeloupe et de Martinique se réuniront dans les tous prochains jours afin de prendre les décisions quant aux suites procédurales à donner à cette situation unique et particulièrement contraignante à laquelle la Guadeloupe et la Martinique sont les seuls au monde à être confrontés.

Le 29 Août 2013

BANAMART – Le Président Nicolas Marraud des Grottes 

LES PRODUCTEURS DE GUADELOUPE – Le Président Francis LIGNIERES

UGPBAN – Le Président Eric de Lucy

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