Entreprises de Martinique : vaches à lait ou magiciennes ?

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C’est avec stupeur que nous apprenons que Martinique Transport prévoit de financer le fonctionnement du TCSP en augmentant la taxe transport qui pèse sur les entreprises de plus de 11 salariés ! Rappelons que les entreprises participent déjà au financement du transport collectif par une taxe de 1,8% sur les salaires. Cette « taxe transport » passerait à 3% et serait dorénavant, et de loin, la plus élevée de tous les territoires de France et d’Outremer !

Bien sûr, il ne s’agit en aucun cas de contester l’utilité du TCSP qui résulte de la volonté collective et qui doit se mettre en marche au plus vite pour servir ses usagers.

Mais une fois encore, ce sont les entreprises « vaches à lait » qui devront assumer dans leurs comptes la démagogie des autres. Et c’est sans aucune concertation qu’on envisage brusquement de les traire. Même si elles n’ont plus de lait à donner, tant pis. Purgeons-les à fond, il en sortira bien quelques gouttes ! Fusse de sang.

Cette décision – si elle devait être confirmée – n’est pas normale, car il est évident que le TCSP est d’abord l’affaire des usagers et de la collectivité. C’est donc bien aux usagers avec l’aide de la collectivité de financer cet outil. Pas aux entreprises.

Car enfin, comment demander aux entreprises d’embaucher et de vendre leurs produits moins chers, si dans le même temps on augmente arbitrairement leurs charges ?

Les entreprises participent déjà massivement au financement des biens publics – et donc du transport collectif – par les impôts, les taxes et les charges de toutes sortes, autant de prélèvements obligatoire qui représentent plus de 50% de leurs chiffres d’affaire. Autrement dit, nos entreprises consacrent plus de 6 mois par an à travailler uniquement pour le bien collectif ! Ce taux de prélèvement est parmi les plus élevés du monde !

Et une chose est sûre, si ce taux augmente encore, les prix à la consommation augmenteront aussi. Les entreprises ne sauront pas faire autrement. Elles ne sont ni des vaches à lait, ni des magiciennes !

Emmanuel de Reynal, président de Contact-Entreprises

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