Conflit de la Fourrière : Et maintenant, à qui le tour ?

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Monsieur Henri Hubert DUPON, directeur de la Fourrière Départementale, devra-t-il se résoudre, la mort dans l’âme, à procéder aux licenciements économiques consécutifs au blocage de son entreprise par un piquet de grève depuis maintenant deux mois ?

Si tel était le cas, cette décision précédera alors la mise à mort définitive de l’entreprise. Les pères de famille qui en sont les salariés iront, pour leur part, pointer à « Pole Emploi ».

Une fois de plus, une fois de trop, la violence aura triomphé.

Ce désastre doit interpeler les constructeurs de ce pays, quel que soit le poste de responsabilité qu’ils occupent. Il faut que l’épreuve vécue par Monsieur DUPON et ses salariés non-grévistes depuis 57 jours provoque leur réflexion afin que, nous l’espérons, tous puissent dire « plus jamais ça ! ».

Parce que devant l’absence de fonctionnement des garde-fous habituels dans ce type de conflit, la question qui se pose maintenant est la suivante : A qui le tour ?

Ce conflit est en effet extrêmement inquiétant parce que particulièrement riche d’enseignements sur les dysfonctionnements graves de notre société.

Quels sont ces enseignements ?

Le premier d’entre eux concerne tout simplement l’existence ou la non-existence en Martinique, composante de la République française, de droits constitutionnels fondamentaux.

En Martinique, le droit de grève, droit constitutionnel donc sacré, existe et nous nous en réjouissons parce qu’une société progresse aussi à travers des conflits et leur résolution.

Par contre, force est de constater que le principe tout aussi fondamental de la liberté du travail qui suppose le droit de ne pas être mis dans l’impossibilité pratique de travailler en cas de conflit, peut-être bafoué sans vergogne, au vu et au su de tous, sans que cela n’entraine de conséquences pour les fauteurs de troubles.

Mieux, ou plutôt pire, les pratiques d’entrave à la liberté du travail peuvent être accompagnées de menaces et de violences verbales et physiques sans que personne ne puisse y mettre un terme, malgré des décisions de justice sans ambiguïté.

Dans ce conflit, on aura même assisté au spectacle affligeant du saccage des locaux du siège de la CACEM sous prétexte de provoquer l’intervention des responsables politiques de cette institution.

La violence a donc primé.

Et le résultat absurde est le suivant : une entreprise, dont la majorité des salariés affirment haut et fort leur volonté de travailler, est condamnée à mourir par la seule volonté d’une poignée de jusqu’aux-boutistes.

Après les Transports CASANOVA, après l’entreprise BONIFACE, Bertrand CAMBUSY se réjouira bientôt d’accrocher un nouveau trophée à son triste tableau : celui de la Fourrière Départementale de la Martinique !

Et maintenant, à qui le tour ?

Le président de Contact-Entreprises, Emmanuel de REYNAL

 

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