Et si la Martinique devenait une réserve de biosphère ?

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Suite à la conférence alarmante de Nathalie de POMPIGNAN organisée par Contact-Entreprises le 9 juin dernier sur l’état des océans (voir conférence ici), une vraie question s’impose désormais à chacun d’entre nous : que faire ? Une des réponses à la hauteur de la situation est de créer un projet de développement territorial qui concilie à la fois les enjeux économiques, environnementaux et socio-culturels : la réserve de biosphère régie par le programme MAB de l’UNESCO. Ce projet, porté par notre collectivité territoriale, peut mobiliser toutes les forces vives du territoire et donner une ambition internationale à la Martinique.

Mais qu’est-ce qu’une réserve de biosphère ?

Une réserve de biosphère est un territoire conciliant conservation de la diversité biologique et culturelle et développement durable dans le cadre du programme Man and Biosphere (MAB) de l’UNESCO. En fonction de cet objectif général, elle s’attache à mettre en valeur les enjeux territoriaux et identitaires d’une région et leur confère une reconnaissance régionale et internationale.

Le Programme MAB est l’un des plus anciens et des plus importants programmes de l’UNESCO. Il a vu le jour en 1971 et rassemble aujourd’hui 669 réserves de biosphère dans 120 pays. Il s’attache à améliorer les relations entre les populations et leur environnement global. Il se concentre sur les enjeux scientifiques, environnementaux, sociaux et culturels d’un territoire et leur valorisation dans le cadre d’un développement durable.

Les 3 objectifs spécifiques d’une réserve de biosphère sont : la conservation de la diversité biologique et culturelle, l’amélioration des moyens de subsistance des populations par la promotion des savoirs, des savoir-faire et des produits locaux et la mise en place d’approches novatrices du développement durable adaptées aux priorités économiques, environnementales, sociales et culturelles du territoire.

Ses atouts majeurs sont au nombre de 5 :

  • intégration du réseau des réserves de biosphère insulaires régional (la région Caraïbes comprend de très nombreuses réserves de biosphère à l’exception de la Martinique) et international.
  • coopération Nord-Sud et Sud-Sud (partage de connaissances, informations et expériences sur les 3 enjeux majeurs des réserves de biosphère : perte de biodiversité, changements climatiques et développement durable).
  • mise en place de partenariats avec les organisations de l’ONU, ONG, secteur public, privé et académique.
  • reconnaissance officielle par les Nations Unies des efforts locaux de promotion de la conservation et du développement durable.
  • label d’excellence aidant à l’attribution et recherche de financements.

Les réserves de biosphère sont dotées de trois zones interdépendantes visant à remplir trois fonctions complémentaires :

  1. L’aire (les aires) centrale(s) comprend (comprennent) un écosystème strictement protégé qui contribue à la conservation du milieu, des paysages, des espèces et de leur génétique.
  2. La zone tampon entoure les aires centrales et est utilisée pour des activités de recherche, suivi, formation et éducation (relations populations/environnement).
  3. La zone de transition est la partie où sont mises en pratique les activités favorisant un développement économique et humain durable.

Elles sont désignées après un processus de consultation et de coordination entre secteur public, communautés locales, organisations non gouvernementales et secteur privé, parties prenantes sur les zones concernées. Le fait que les populations locales travaillent avec toutes les autres parties prenantes pour atteindre ces objectifs est l’un des points forts du concept.

Elles ont accumulé une expérience considérable en matière de pratiques de développement durable et enregistré des progrès significatifs dans la gestion des écosystèmes. Elles sont dotées d’un statut reconnu au plan international.

Pour qu’un territoire puisse postuler au titre de réserve de biosphère, deux conditions sont à réunir :

  • il doit présenter une haute valeur écologique terrestre et/ou marine
  • la candidature doit être soutenue et acceptée par un maximum d’acteurs

Un dossier de candidature du territoire voulant être désigné doit être élaboré et envoyé au comité national du MAB. Le Conseil international de coordination du MAB décide de la suite à donner à la candidature.

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