Pour Marie-Flore MICHEL, la banane est un métier d’avenir !

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La filière Banane de Martinique, particulièrement dynamique, poursuit son développement en cherchant à intégrer de nouveaux talents. Mais qui mieux que les acteurs eux-mêmes pour parler de leur métier, et convaincre les jeunes martiniquais de tenter l’aventure de la banane ? Après Louis-Bernard DUPROS, c’est au tour de Marie-Flore MICHEL de nous livrer son regard passionné…

Marie-Flore MICHEL, jeune exploitante agricole dans la banane, exerce son activité professionnelle au quartier Pelletier, au Lamentin, sur une dizaine d’hectares. Elle nous expose les objectifs de la banane durable en Martinique, les débouchés dans ce secteur.

Marie-Flore revient d’abord sur les aspects techniques de la production contemporaine. Ensuite, elle nous éclaire sur les différentes formations disponibles, pour les jeunes et les moins jeunes qui souhaiteraient embrasser une carrière dans la filière. « La banane a beaucoup évolué depuis les années 1960, 1970 » nous confie-t-elle. On est bien loin de l’image d’Epinal du travailleur de force transportant de lourds régimes sur ses épaules, ne bénéficiant d’aucune protection sociale, d’aucune sécurité de l’emploi.

En effet, d’une part le secteur se mécanise et, d’autre part, l’on voit apparaître des métiers à forte intégration technique. Ces nouvelles professions de la banane mettent en valeur des compétences spécifiques et sectorielles, garantissant ainsi l’évolution professionnelle des futurs agriculteurs. De plus, au-delà de la structuration des professions mêmes de la banane, il y a une nette évolution des acquis sociaux : les conventions collectives se renforcent, permettant dès lors la prise en compte de la pénibilité du travail, l’accès à une retraite complémentaire et à une mutuelle tout à fait convenables. « Et Les salaires suivent », pour reprendre les mots de notre exploitante. « Ils sont discutés chaque année dans le cadre de la convention collective avec les syndicats ». La garantie de l’emploi est désormais avérée.

Notons, de plus, que depuis 2008, la filière banane de Guadeloupe et Martinique est engagée dans un Plan banane durable. Ce programme est défini par un mode de travail spécifique qui est aligné et codifié à l’échelle internationale (écologie, normes phytosanitaires). La production de bananes rentre, en effet, dans des rails d’actions qui garantissent la protection de l’environnement, la formation des ouvriers agricoles, et des planteurs. Elle répond à des normes sanitaires européennes assurant une banane de grande qualité. L’embauche des jeunes est favorisée, aidée, afin de garantir le renouvellement des générations dans un secteur globalement vieillissant et de plus en plus exigeant.

Les formations qui sont proposées aux jeunes dans le domaine sont diverses et variées. Il existe des formations phytosanitaires, une éducation aux gestes et postures. Marie Flore MICHEL affirme encore « Nous essayons de promouvoir au mieux le passage de permis tel que le CACES, qui concerne la conduite des engins comme les tracteurs, les quads, les transpalettes, les gerbeurs, les pelles mécanique sur le terrain ». De plus, tout au long de son intégration professionnelle, le salarié, dispose d’un accompagnement permanent, d’un apprentissage suivi, s’agissant des méthodes de travail pour rester en bonne santé, en bonne forme physique dans l’exercice du métier.

Un des problèmes principaux pour la filière reste certainement le recrutement, avoue notre exploitante agricole : la main d’œuvre manque cruellement. Le groupement des planteurs de bananes travaille en étroite collaboration avec le pôle emploi et le RSMA afin d’optimiser le recrutement en CDI et en CDD. Les métiers de la banane sont en effet très peu connus du grand public et souffrent d’une image peu valorisante auprès de la jeunesse alors qu’ils représentent clairement une filière d’avenir pour notre pays. « Nous appelons donc massivement les jeunes inactifs motivés à nous rejoindre » a ajouté Marie-Flore MICHEL en guise de conclusion. La planteuse n’a pas hésité, sourire aux lèvres, à faire un clin d’œil particulier à la gente féminine encore sous-représentée dans le milieu, en prenant son parcours en exemple. La pénibilité du travail est effectivement fortement relativisée grâce à une mécanisation massive : la banane est désormais accessible à tous. « Les amoureux de la nature, du travail au grand air, les travailleurs motivés ne seront pas déçus » a-t-elle fini par lancer avec passion.

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