Statistiques ZILEA : l’hôtellerie martiniquaise est en panne !

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ZILEA, le club des professionnels du séjour en Martinique, publie ses statistiques annuelles et affiche pour 2015 des perspectives bien sombres… Alors que la Martinique dispose d’atouts touristiques exceptionnels, force est de constater que son hôtellerie est toujours en panne. Quelle sera la clé qui fera redémarrer ce secteur stratégique ?

Télécharger le dossier : Statistiques ZILEA – Bilan 2014 synthèse

Benoît LE CESNE, président de ZILEA 2007-2014 présente son analyse de la situation:

La situation de la Martinique reste inchangée depuis des années :

  • un seul mono marché émetteur : la France Hexagonale qui représente 70% de nos nuitées
  • le second marché émetteur est celui de la Martinique qui représente aujourd’hui 21% de nos nuitées.

Ceci a pour conséquences :

  • une chute de la durée moyenne de séjour : 3,98 jours (-7,7% par rapport à 2013)
  • une baisse et un écrasement de la recette moyenne par chambre (RMC) sur les 4* de 21%.

L’écart entre la RMC des 4* et celle des 3* est de 28% alors qu’il était de 40% en 2013 !

La baisse du nombre d’hôtels et l’absence de nouveautés sur la France rendent la destination moins attractive et les différents acteurs de la chaîne du tourisme prennent d’autres dispositions :

  • Air France a annoncé 4 vols en moins par semaine depuis le 01/11/2014 ;
  • XL Airways a annoncé 1 vol en moins par semaine ;
  • Corsair : la cession n’est que partie remise ;
  • Exotismes : se détourne des Antilles et a ouvert Saint-Domingue ;
  • TUI : a ouvert Haïti…

Inexorablement, l’attractivité de la destination et de nos hôtels baisse et le taux de transformation chute à nouveau de 0,4 points sur une année et de 3,5 points sur cinq ans…

Il faut par conséquent :

  • arrêter l’hémorragie des fermetures des hôtels ;
  • libérer le ciel et permettre à la collectivité de soutenir, si elle le souhaite, une compagnie aérienne pour ouvrir des nouvelles lignes en provenance de nouveaux marchés émetteurs, ce qui est interdit par Bruxelles ; sans cette mesure, aucune perspective de développement ne sera permise ;
  • rendre rentables nos exploitations par un vaste programme de rénovation mais accompagné obligatoirement d’une mesure phare comme un CICE renforcé de 25%. Sans cette mesure aucun investissement conséquent ne sera réalisé.

Et enfin, trouver des accords globaux avec nos partenaires sociaux afin d’éviter toute récession sociale et de nouvelles fermetures :

  • faire face à la saisonnalité ;
  • réinstaurer un contrat emploi solidarité.
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À propos de l'auteur

5 commentaires

  1. Bonjour,

    Une remise en question ne ferait pas non plus de mal.
    J’ai des clients qui réservent plusieurs semaines et ne peuvent pas aller en hôtellerie traditionnelle car il n’y a aucun effort sur les prix et la flexibilité, aucun effort pour parler anglais, comment voulez-vous attirer une quelconque clientèle, surtout en basse saison ?

  2. mais aussi: prendre en compte l’évolution de la demande:
    Évolution de la demande vers chambres d’hôtes, location de bungalows etc. avec accueil +++
    Et ça, ça évolue plus vite que les hôtels. Donc, développer ce type de réponse. Le libéraliser. Le classer aussi. Le luxe n’est plus forcément à l’hôtel. Les touristes sont ailleurs.
    Il y a bien sûr une variabilité des prix d’avions qui est excessive.

  3. Le tourisme de papa a vécu. Le bunker moisi n’attire plus, tant mieux. Vive le tourisme 2.0. : propositions plurielles, tourisme inter-îles ou trans-région, expérience dense et singulière, naturelles, découverte personnalisée, farniente d’exception, thématiques réelles et non vernis de surface selon les tendances déjà dépassées alors qu’à peine sorties. Le besoin de confort et de qualité n’est pas toujours synonyme de luxe. Il peut être synonyme d’élégance, une seconde nature chez les martiniquais. Le luxe, c’est un micro-marché où seuls les privilèges sont appréciés : unicité de la prise en charge, choix infinis, disponibilité H24. Un seul critère discriminant : l’argent. Autant de critères impossibles à mettre en oeuvre dans le contexte martiniquais et trop souvent associés au monde du m’as-tu-vu, très éloigné de l’élégance martiniquaise. La maison simple et confortable à louer, le bungalow isolé tout confort, le village-vacances pour partager, tout ceci ne demande qu’à croitre.

  4. Ces statistiques ne représentent pas toute l hôtellerie a la Martinique. Arrêtons de pleurer le potentiel est là . Les jeunes cherchent du travail et nous pourrions en créer tous les jours .

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