Table ronde n°4 : « Et si la Martinique redevenait une terre d’escale, notamment pour le yachting ? »

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La vidéo complète de la table ronde « yachting »

Cette table ronde s’est tenue au port de Plaisance du Marin, dans le cadre des Ateliers de la Mer, Mercredi 22 avril 2015

Compte-rendu de la table ronde :

Axe potentiellement majeur du développement économique maritime, le secteur martiniquais du yachting est en panne : sur 100.000 bateaux en transit dans les Antilles, seuls 15.000 d’entre eux font escale sur notre île.

Les raisons ? Les taxes locales dans un environnement régional détaxé, le prix très élevé du carburant, les démarches administratives à l’accueil, le manque local de culture du luxe… « Le comble, » explique Alain ROLLET, directeur de Dream Yatch Caribbean, « 90% des navigateurs qui viennent louer leur bateau en Martinique, le font dans le but de caboter dans les Grenadines ». Que se passera-t-il quand l’ouverture de l’aéroport international de Saint-Vincent n’obligera plus les touristes à passer par chez nous ? Pas de doute, nous sommes dans l’urgence, nous devons impérativement trouver des solutions.

Notons par ailleurs que les acteurs locaux sont aussi handicapés par des coûts d’exploitation (et en particulier les coûts du travail) qui sont sans aucune mesure comparables à ceux de leurs concurrents de la Caraïbe. Deux axes se dessine très rapidement : d’abord, oser le free taxe dans tous les domaines où la Martinique doit rivaliser avec ses concurrents de la Caraïbe. Mais aussi étendre le dispositif de Zone Franche et d’exonération de charges sociales au secteur du nautisme, afin de lui redonner un minimum de compétitivité.

Tous les intervenants insistent sur les contraintes réglementaires excessives qui bloquent les opérateurs, et qui les empêchent de s’adapter à leur environnement concurrentiel. Ces contraintes empêchent surtout les mises à niveau nécessaires de nos équipements. Rappelons en effet que la Martinique ne dispose que de 1.700 anneaux quand il en faudrait au minimum 5.000 pour être considérée comme une destination nautique. Il y a là un véritable « plan Marshall » à lancer !

Ces contraintes réglementaires, normatives et fiscales font fuir les plaisanciers et pénalisent considérablement le secteur nautique. « Il a fallu par exemple 8 ans de combat pour finaliser le dossier de modernisation du centre de carénage du Marin », affirme Jean-Louis de LUCY, Président de Carenantilles. « Avec l’Etang Zabricot, c’est le pompon ! » s’exclame un autre intervenant qui raconte avoir pris connaissance du dossier à son arrivée en 1992 pour le retrouver à l’inauguration… l’année dernière !

La Martinique est naturellement contrainte d’appliquer les lois de la République, même quand celles-ci ont été conçues sans prendre en compte les particularismes locaux.

Cependant, tout n’est pas négatif, rassure Douglas RAPIER, Président de la Martinique Yachting Association : « Les touristes sont toujours surpris par la beauté de notre île et par sa propreté. Nos infrastructures sont appréciées et reconnues. Nous offrons également un niveau de sécurité qui n’a rien à envier aux îles voisines ». « Si en cas d’accident, vous devez vous adresser à Saint-Vincent ou au Venezuela… Good luck ! », rajoute Olivier MORNET.

« Nous avons donc de vrais atouts ! Nous devons impérativement les faire connaître à l’international. Mais est-ce possible alors même que la population ne parle pas Anglais ? », questionne Jean-Louis de LUCY. Il est donc urgent de sensibiliser la population au tourisme : « plus l’accueil est excellent, plus le client a envie de revenir ». Notre French Touch est également un atout à mettre en avant. À Saint-Vincent par exemple, les jeunes vont se former au tourisme haut de gamme à l’international, en Haïti, la population parle quatre langues… Nous sommes à la traîne, nous avons besoin de jeunes qui anticipent, qui prennent des décisions, témoigne un homme dans l’assemblée.

Côté emploi, le secteur de la réparation naval est porteur, en pleine croissance et à forte valeur ajoutée, assurent les protagonistes. À condition d’adapter les programmes de formation et de renforcer l’apprentissage dans une optique de compagnonnage.

C’est Eric JEAN-JOSEPH, Administrateur de la SAEPP (Société Antillaise d’Exploitation de Ports de Plaisance), qui conclue avec beaucoup d’espoir : « Restons positifs, on peut faire dix fois mieux ».

Intervenants :

  • Douglas RAPIER, Président de la Martinique Yachting Association
  • Jean-Louis de LUCY, Président de Carenantilles
  • Eric JEAN-JOSEPH, Administrateur de la SAEPP (Société Antillaise d’Exploitation de Ports de Plaisance)
  • Alain ROLLET, Directeur de Dream Yatch Caribbean
  • Thierry LARCHER, Président de la Société ENA (Exploitant le bassin de Radoub)

Documentation :

Partenaires Atelier de la Mer

Partenaires Gold

Merci également aux Entreprises ABADIE, INFODOM, ARDENT, Antilles Bureaux, Groupe SEEN, Tuernal Vatran Traductions et EGC Martinique pour leur soutien militant.

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