Décryptage : Usine du Galion, aux décideurs… de décider !

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Pour comprendre la situation actuelle du GALION, dont l’avenir risque d’être définitivement compromis, il convient d’éclairer aujourd’hui le débat en rappelant les éléments d’information suivants. Sans dogmatisme et en toute objectivité.

La chaudière du Galion est en fin de vie, et son état actuel ne permet plus à l’usine de fonctionner.

Alors que les normes officielles limitent les émissions de particules à 100 mg/Nm3 (100 milligramme de poussières par m3 de fumées), la chaudière actuelle, en raison de son état de vétusté, émet jusqu’à 1.700 mg/Mm3 de particules, soit 17 fois la norme autorisée. L’usine du GALION dépasse donc très largement les valeurs limites d’émission autorisées, ce qui conduit l’Etat a lui adresser régulièrement des mises en demeure.

Par ailleurs, la chaudière actuelle du GALION a des rendements énergétiques très insuffisants, et connait des avaries récurrentes.

Dès lors 3 options sont envisagées :

1/ Réparer la chaudière :

  • Coût estimé : entre 500 K€ et 1 M€ selon l’ampleur des réparations, sans mise aux normes écologiques.
  • Délais de mise en place : entre 8 et 15 mois pour le remplacement complet des tubes. Un tel délais annulerait la campagne sucrière 2018 et mettrait en péril la survie de l’usine. Cette option est par ailleurs fondamentalement anti-écologique : elle ne permettrait pas de diminuer le niveau actuel de pollution. Pour se rapprocher des normes autorisées d’émission de particules de 100 mg, il faudrait alors prévoir un investissement complémentaire de l’ordre de 3 M€. Et plus du double pour atteindre les nouvelles normes de 20 mg !
  • Emission de particules : toujours jusqu’à 1.700 mg/Nm3 après réparation et avant travaux de mise aux normes !

2/ Changer la chaudière :

  • Coût estimé : entre 15 et 20 M€.
  • Délais de mise en place : entre 2 et 3 ans, ce qui aurait pour conséquence de fermer définitivement l’usine du GALION et de condamner toutes les filières associées.
  • Emission de particules : entre 20 et 100 mg/Nm3.

3/ Raccorder ALBIOMA au GALION :

  • Coût estimé : 7 M€ (dont environ 0,4 M€ pour la CTM) pour un raccordement définitif. Entre 0,5 et 1 M€ pour une première étape.
  • Délais de mise en place : environ 4 mois pour la première étape, ce qui permettrait de réaliser la campagne sucrière 2018, et de maintenir l’activité du GALION.
  • Emission de particules calée sur la production ALBIOMA : probablement 10 mg/Nm3.

Le raccordement du GALION à ALBIOMA s’impose donc comme la seule solution de bon sens. Elle est de loin la moins polluante, la moins coûteuse et la plus rapide à mettre en œuvre.

Rappelons que même si une autre option était décidée, ALBIOMA continuerait de fonctionner indépendamment du GALION. Autrement dit, le raccordement d’ALBIOMA au GALION ne rajoutera aucune nuisance d’aucune sorte. Au contraire, puisque ce raccordement permettra de mettre un terme aux nuisances environnementale de la chaudière actuelle.

En résumé, tout plaide en faveur du raccordement du GALION à ALBIOMA :

  • Réduction de la pollution globale sur le site.
  • Fiabilisation du processus industriel, avec une réduction significative du taux de panne/arrêt de la sucrerie.
  • Amélioration générale de la performance de la sucrerie, et augmentation de la capacité de broyage quotidien des cannes.
  • Disparition pour la sucrerie des charges d’investissement et d’exploitation liées à la production énergétique.

Réparer, changer ou raccorder, c’est maintenant aux élus de la CTM de décider en conscience, car au fond dans ce type de dossier, rien n’est plus mortifère que l’absence de décision.

Et s’il est difficile de choisir la meilleure solution, qu’ils choisissent alors la moins mauvaise.

Emmanuel de Reynal, président de Contact-Entreprises

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