L’exclusion des engrais du dispositif constitue une avancée significative, obtenue grâce à la mobilisation des acteurs économiques et institutionnels.
Mais cette victoire d’étape ne saurait masquer l’essentiel : pour de nombreuses filières industrielles, le dispositif reste inadapté aux réalités des régions ultrapériphériques.
Lors de la conférence de presse organisée par l’AMPI Martinique, Fabrice Telliam, directeur d’établissement chez Lafarge Ciments Antilles, a rappelé des éléments factuels qui appellent une attention politique immédiate.
Application du MACF en l’état :
- +11 % de hausse de coûts estimée pour les matériaux importés,
- une répercussion directe sur les prix du ciment, du béton et du BTP,
- un secteur déjà fragilisé (–15 % en un an sur le ciment),
- des gels d’emplois engagés pour contenir l’impact économique.
Dans un territoire insulaire, non autosuffisant en matières premières, dépendant structurellement des importations, appliquer le MACF comme sur le continent européen revient à créer une distorsion économique, là même où le mécanisme prétend l’éviter.
L’enjeu n’est pas de contester l’objectif climatique, mais d’en garantir la cohérence territoriale, économique et sociale.
Les élus locaux, nationaux et européens ont aujourd’hui un rôle décisif à jouer :
adapter le MACF aux spécificités des RUP, afin de préserver l’emploi, la compétitivité des entreprises locales et la capacité des territoires à réussir la transition écologique.
La Martinique ne demande pas une exemption de principe.
Elle demande une application juste, différenciée et réaliste.
