Invité par Contact-Entreprises, Fred Constant (professeur des universités en science politique, ancien ambassadeur et haut-fonctionnaire) a exposé une lecture économique et stratégique de la séquence géopolitique en cours, à partir d’un fait d’actualité, l’intervention des États-Unis au Venezuela. Au-delà de l’événement, l’analyse met en lumière un retour assumé des États-Unis dans leur zone d’influence historique, avec un objectif central, sécuriser des intérêts considérés comme vitaux, au premier rang desquels l’énergie.
Pour les économies caribéennes, les effets à court terme se lisent d’abord dans le risque de fragmentation régionale et d’arbitrages diplomatiques coûteux. Dans un environnement où les rapports de force se durcissent, la marge de manœuvre des États est plus étroite, une prise de position peut entraîner des frictions, des restrictions ou une dégradation des relations, avec des impacts indirects sur la mobilité, les coopérations et, plus largement, l’attractivité.
La conférence a également rappelé le rôle structurant des investissements d’infrastructure, notamment chinois, qui ont transformé l’équation économique de plusieurs pays caribéens. Cette réalité nourrit la compétition d’influence et renforce les enjeux de dépendance, financement, contrôle d’actifs stratégiques, conditions d’exploitation, et retombées locales (emplois, transfert de compétences, contenu local).
Enfin, le dossier PetroCaribe illustre comment une architecture énergétique peut soutenir ou fragiliser des équilibres sociaux et budgétaires, en cascade, jusqu’aux systèmes de santé via les mécanismes de coopération. Conclusion, même si la Caraïbe redevient un espace de manœuvre visible, l’intérêt économique majeur pour les acteurs locaux est de renforcer la résilience (énergie, coopération, infrastructures), car la compétition mondiale, elle, demeure structurée par d’autres théâtres et ses ondes de choc atteignent déjà la région.
